Agglomération chelloise : le point sur les projets d’aménagement
Si les zones d’activités économiques du Gué-de-Launay et du Sud-Triage sont en bonne voie, le projet d’écoquartier à Castermant fait encore l’objet de quelques discussions. Quant au projet de reconversion du site du centre de l’énergie atomique, il est plus que jamais au point mort.
CEA de Courtry : les atomes de la discorde
La guéguerre se poursuit entre la communauté d’agglomération et l’Etat au sujet des terrains de l’ancien centre d’études de l’énergie atomique (CEA) de Vaujours-Courtry. Depuis sa création, l’intercommunalité n’a jamais dissimulé son intérêt pour ces 45 hectares, propriétés du commissariat à l’énergie atomique et du ministère de la Défense. Un accord tacite avait été conclu entre les deux candidats au rachat, la société Placoplatre et Marne-et-Chantereine : 30 hectares devaient ainsi revenir au plâtrier, pour y exploiter le gypse, et les 15 restants, à la communauté d’agglomération, afin d’y créer une zone d’activités. Les négociations entre l’Etat et la collectivité, « longues et difficiles », n’ont cependant « pas permis d’aboutir à un compromis acceptable » selon les mots du président de la communauté d’agglomération, Jean-Jacques Marion : « Le prix de base, 22 € le m2 (soit 3,3 millions d’euros le terrain, ndlr) était prohibitif. Sans compter le fait que le terrain restait à dépolluer. Mais on ne se doutait pas à ce moment-là que ce prix était en fait deux fois supérieur à celui proposé à l’exploitant de gypse ». Face à ce qu’elle considère comme un « deux poids deux mesures », l’intercommunalité a décidé de contre-attaquer : elle vient de préempter 7 des 30 hectares de terrain achetés par le plâtrier. Droit qui l’autorise à se substituer à l’entreprise pour acquérir le bien dans les mêmes conditions que lui. Du côté de Placo, la nouvelle n’enchante guère mais on se veut avant tout prudent : « La collectivité exerce son droit, reconnaît, gêné, Philippe Cortial, un cadre de l’entreprise. Cela contrarie notre projet mais que peut-on y faire ? Nous avions proposé un prix de rachat, accepté par l’Etat. C’était un prix raisonnable, qui tenait compte des spécificités du site, qui s’assimile à une grande friche, où il y a beaucoup de servitudes et où une dépollution s’impose. L’Etat a peut-être jugé que notre projet valorisait mieux le terrain. En tous cas, nous n’aurions jamais acheté le terrain au prix proposé à la communauté d’agglomération, c’est une certitude ». Contacté par téléphone, ni le ministère de la Défense ni le commissariat à l’énergie atomique n’ont souhaité réagir pour le moment.
Ecoquartier Castermant à Chelles : des réticences
Le projet d’écoquartier chellois ne fait pas encore l’unanimité. Réuni le 30 juin, le conseil communautaire de Marne-et-Chantereine a eu toutes les peines du monde à faire accepter la création de la nouvelle ZAC Castermant. Pas tout à fait convaincus par le projet tel qu’il existe, les élus du Front de gauche ont ouvertement conditionné leur vote à l’obtention de garanties concernant l’avenir du triage nord, qu’ils estiment lié à celui de l’écoquartier : « Le triage ne doit pas être traité en marge des projets d’aménagement de la ville. Nous voulons que le conseil communautaire affirme à l’Etat, à la Région, à la SNCF et à RFF sa volonté de maintenir l’activité de fret. Le Grand Paris a récemment émis l’idée d’une plateforme multimodale sur Chelles-Vaires, il faut en tenir compte », a martelé Frank Mouly, conseiller PC. Réponse du président de Marne-et-Chantereine, Jean-Jacques Marion : « Les deux dossiers sont distincts. Il ne faut pas tout mélanger. Nous transmettrons aux intéressés les positions des élus PC mais nous ne ferons pas plus ». Pour le reste, le projet a bien été validé. Pour rappel, il prévoit de transformer une friche industrielle en quartier modèle du développement durable. 600 logements seront construits sur près de 5 ha. La moitié sera réservée au locatif. Un hectare servira à accueillir des commerces, des services, une école, une crèche et divers équipements publics. « La grande majorité des terrains font actuellement l’objet d’une acquisition amiable par l’Etablissement publier foncier d’Ile-de-France, précise Jean-Luc Pilard, vice-président de Marne-et-Chantereine. La réalisation du projet ne devrait donc pas nécessiter d’expropriation ». Les six hectares restants seront enfin aménagés en espaces verts. Reste désormais à la communauté d’agglomération à désigner l’aménageur chargé de l’opération.
Gué de Launay et Sud-Triage : l’aménageur désigné
… et ce sera Aménagement 77. L’aménageur du département a été désigné pour aménager les ZAC du Gué-de-Launay, à Vaires, et du Sud-Triage, à Chelles et Vaires. La société d’économie mixte du Conseil général était d’ailleurs la seule à concourir. Une raison à cela ? « Les concessions d’aménagement imposent depuis plusieurs années aux aménageurs d’engager leur responsabilité financière, explique Aziz Belkhatir, directeur du développement urbain de Marne-et-Chantereine. C’est une manière de les responsabiliser et d’éviter qu’elles fassent appel à la collectivité dès que l’argent leur manque, comme on l’a beaucoup vu dans les années 90. Du coup, seules subsistent les candidatures les plus sérieuses ». Quant à l’absence de la société d’économie mixte de l’intercommunalité, M2CA, Jean-Jacques Marion l’explique par des raisons purement techniques : « Marne Chantereine Chelles Aménagement n’a pas les moyens matériels, humains et financiers de s’engager sur chaque dossier. Son carnet est déjà bien garni. » Rappelons que les deux ZAC prévoient toutes deux l’accueil d’activités économiques (13 ha chacune) et l’aménagement d’espaces naturels (8 à 9 ha).