La vice-présidence pour Jean-Paul Planchou

Publié le par Ludovic Francisco

Jean-Paul Huchon, réélu à la tête de la Région, a décidé de placer le maire de Chelles dans l’exécutif, au sein d’une délégation économique où il aura son rôle à jouer.

 

« La vice-présidence n’est pas une sucette ». Jean-Paul Planchou refuse de parler de récompense. Ça y ressemble pourtant fortement. Sa désignation, vendredi dernier, au sein de l’exécutif de la région capitale, est un peu une forme de consécration pour l’homme politique de 61 ans. Certes, l’ancien député n’obtient « que » la troisième vice-présidence, et non la première, comme cela avait été un temps évoqué. Marie-Pierre de la Gontrie (PS), déjà à cette place lors de la précédente mandature, y est reconduite, tandis que Jean-Vincent Placé, d’Europe Ecologie, récupère la deuxième, logiquement si l’on se réfère aux résultats du scrutin qui ont fait de la liste écolo un partenaire de poids du PS au moment d’aborder le second tour. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Jean-Paul Planchou récupère bien la délégation la plus importante, celle sur laquelle le président sortant a basé l’essentiel de son programme : le développement économique. L’intitulé intégral, le plus long, le plus lourd en charges des quinze délégations mises en place, en dit long sur la valeur qu’il faut lui accorder : développement économique, emploi, nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), tourisme, innovation et économie sociale et solidaire (ESS). N’en jetez plus !


La troisième est la bonne

 

« L’amélioration de l’attractivité de l’Ile-de-France est la priorité de ce troisième mandat, comme l’ont été successivement les lycées et les transports durant les douze premières années », justifie celui qui fut entre 1997 et 2002 conseiller de Dominique Strauss-Kahn au ministère de l’économie. La désignation de Jean-Paul Planchou n’arrive pas maintenant par hasard. Elle intervient après douze années de soutien indéfectible au président Huchon. Déjà, en 1998, lors de la première mandature socialiste, une place au sein de l’exécutif lui avait été proposée. L’ancien économiste du Crédit Lyonnais avait refusé, arguant de ses difficultés à concilier son emploi du temps de maire avec celui de vice-président. Une nouvelle fois, en 2004, la proposition lui avait été faite. Nouveau refus, motivé cette fois par la mise en place de la communauté de communes Marne-et-Chantereine, au sein de laquelle la municipalité chelloise jouait évidemment un rôle moteur. « J’avais proposé à Jean-Paul Huchon de placer une femme à la 1re vice-présidence, comme je l’ai d’ailleurs fait dans ma ville, lors de ma dernière réélection. » « Planchou est comme ça, fait remarquer un de ses proches. Par politesse ou par galanterie, il finit toujours par s’effacer au bénéfice de quelqu’un d’autre. Jusqu’à ce qu’il se retrouve dernier ! »

 

« Je dispose de davantage de temps »

 

En contrepartie, le Lotois accepta de présider, durant deux mandats, la présidence du groupe PS au sein de l’assemblée régionale. « Les socialistes sont des esprits libres, plaisante l’intéressé. Présider le groupe, c’était être capable de fédérer tout le monde autour de l’exécutif, tout en étant capable de faire remonter les desiderata des élus. » Jean-Paul Planchou dirigea également la campagne du candidat à sa réélection, par deux fois, en 2004 et en 2010. Autant de raisons qui justifient aujourd’hui cette promotion. Mais qu’est-ce qui a changé en 2010 pour que l’élu chellois accepte de se laisser tenter par des responsabilités régionales ? « Le contexte n’est plus le même. La ville a été délestée de plusieurs de ses compétences majeures, l’aménagement urbain, l’environnement, le développement économique, au profit de la communauté d’agglomération, qui aujourd’hui vole de ses propres ailes. Cela me laisse plus de temps pour me consacrer à la Région. » Les Chellois doivent-ils craindre pour la disponibilité de leur maire ? « Bien sûr que non, s’empresse-t-il de rétorquer. La ville reste une collectivité de proximité, à laquelle s’adressent en priorité les habitants. Pour ma part, je compte consacrer autant de temps aux Chellois que par le passé. » L’avenir nous le dira !

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Publié dans politique

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