Les tensions perdurent chez le transporteur

Publié le par Ludovic Francisco

Perturbé depuis près d’un an, le trafic sur le réseau Apolo 7 peine à revenir à la normale. En cause : les négociations salariales entre la direction du transporteur et ses chauffeurs, qui s’enlisent, malgré une nouvelle tentative de conciliation mardi dernier.


Il ne fait pas bon travailler en ce moment à la Société de transport du bassin chellois (STBC). Depuis un an, les tensions sont vives entre les 64 chauffeurs et la direction du transporteur, filiale du groupe Transdev. Un climat de nervosité qui se retrouve dans les relations entre les membres du personnel, et qui a abouti il y a quelques jours à la démission du délégué de Force ouvrière. De son côté, après avoir prononcé plusieurs dizaines de mises à pied suite à un débrayage massif en juin dernier, le directeur général poursuit actuellement deux de ses syndicats : « Cette interruption de service était illégale, car les représentants du personnel n’avaient déposé aucun préavis de grève », explique Alain Marhic. Fatalement, le problème s’est répercuté sur le trafic et sur les voyageurs. Depuis la fin 2008, plusieurs perturbations ont été signalées sur le réseau Apolo 7 (lequel couvre sept communes), à des heures variables et sur des lignes différentes. En juin dernier, le service a été tout bonnement interrompu deux jours durant. Au mois d’août, on a compté jusqu’à une demi-douzaine de départs non-assurées quotidiennement. Et depuis la rentrée, le bal reprend, sporadiquement. Des dysfonctionnements répétés que le maire de Chelles, Jean-Paul Planchou, n’hésite plus à qualifier de « fâcheux » devant ses administrés, même si Bernard Garnier, qui préside le syndicat de transport (gestionnaire du réseau) considère le phénomène encore « marginal » : « Cela représente 5 % du trafic. Mais il est certain qu’en tant que voyageur, on n’apprécie jamais d’attendre un bus qui n’arrive pas. »


« Nous ne signerons pas cet accord »

 

Le différend qui oppose la direction et son personnel concerne la négociation d’un nouveau contrat salarial. Ce contrat redéfinit le calcul des congés payés et précise les modalités de paiement des heures supplémentaires, conformément à ce que prévoit la convention collective de transport routier de voyageurs. Favorable, dans un premier temps, à un mode de rémunération annuel des heures supplémentaires, Alain Marhic, directeur général de la STBC, a dernièrement consenti à revenir à un système mensualisé. C’est ce compromis qu’il est venu présenter mardi aux représentants du personnel, avec l’espérance d’obtenir une signature : « Je ne peux pas affirmer que nous nous mettrons d’accord », nous a-t-il déclaré en fin de semaine dernière. « Cela peut encore bloquer pour des raisons X ou Y. Il y a 50 % de chances que cela aboutisse ». Yvon Bocquet, délégué CFDT, n’est quant à lui « pas très optimiste » : « Si ça doit avancer, ça avancera. Mais je ne parierais pas là-dessus. La direction est butée sur ses positions, cela tombe bien, nous aussi. La question de la mensualisation est acquise, c’était la base de l’accord. Mais il y a d’autres points sur lesquels nous attendons des efforts, comme la possibilité d’alimenter un compte épargne avec les heures supplémentaires. » Amar Zidat, délégué CGT, annonce quant à lui la couleur : « Nous ne signerons pas cet accord, c’est catégorique. Depuis son arrivée il y a treize mois, le nouveau directeur n’arrive même pas à respecter la loi sur les 35h. Maintenant, il veut calculer nos congés payés sur les jours ouvrés (5 jours par semaine, ndlr) et non sur les jours ouvrables (six jours, ndlr). C’est inadmissible ! » Dire que le divorce est consommé entre la direction et une partie du personnel relève aujourd’hui de l’euphémisme...

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Publié dans société

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